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D’est en ouest par les vallées…
Publié le 11 septembre 2011 par Claire, photos de Jean-Louis
Guten Tag!
C’est la dernière fois que nous devons apprendre quelques mots d’une autre langue, bientôt, nous serons en Belgique! Le samedi 28 mai, nous franchissons la frontière allemande, nos voisins directs, il nous reste plus de deux semaines pour arriver à Mons, on devrait être dans les temps!

C’est toujours un peu vallonné dans le coin, nous sommes en Bavière, et nos premières impressions sont vraiment très bonnes. Nous nous attendions à ce que les Allemands soient assez froids (dans la série des idées préconçues!), nous sommes très agréablement surpris par leur curiosité et gentillesse. Nous commençons par une fête de village, c’est le moment de sortir nos trois mots pour demander le chemin, j’essaie avec le peu de néerlandais que je connais, ça marche moyennement, mais on arrive à trouver la bonne route.
La route est agréable, il y a beaucoup de pistes cyclables, et les conducteurs sont très respectueux, ça, ça ne nous étonne pas! Nous débarquons après deux jours dans une ville magnifique, Bamberg. Nous n’avions pas projeté de visites touristiques, c’est donc un peu par hasard que nous passons ici, mais la ville vaut bien qu’on s’y attarde un peu, les touristes d’ailleurs y affluent.

Bamberg est sur le Main, nous pouvons maintenant suivre sa vallée, plus de dénivelés! Les courbes de la rivière nous font parfois faire de beaux détours, mais c’est tellement plus simple, nous n’avons pas à chercher notre chemin, les pistes sont très belles, le paysage paisible, et ça roule tout seul. Il y a en plus des “biergarten”, un concept que l’on devrait importer en Belgique, ce sont des bars à ciel ouvert avec tonnelles et tables, il nous faut lutter pour ne pas nous arrêter à chaque fois tellement c’est tentant de s’y reposer. Mais on roule moins bien avec une bière dans les pattes, et on résiste jusqu’au soir. C’est d’ailleurs le long du Main que nous franchissons la barre des 10.000 kilomètres, un beau nombre tout rond! Sauf qu’on l’avait tellement attendu que nous n’y pensons même plus, et tous les deux loupons le changement de chiffre sur le compteur. Bah, ce n’est pas ça qui compte, même si on est quand même fiers!

Le temps est assez changeant mais nous arrivons plus ou moins à rester au sec. Un soir pourtant, nous devons nous dépêcher pour trouver un campement, la pluie menace. Pour ça, nous devons quitter la piste cyclable, et là, les chauffeurs allemands pourtant si patients se transforme en furies! Ils savent qu’il y a une piste plus bas, donc que nous n’avons rien à faire ici, nous envahissons leur espace et ils klaxonnent à qui mieux mieux! Heureusement, ça ne dure pas longtemps, et nous tombons sur un endroit très chouette, protégé sous les arbres, à 500 mètres d’un camping officiel mais tellement plus calme! La pluie se met à tomber à peine notre tente montée, et elle ne s’arrêtera plus jusqu’au lendemain après-midi, nous ne sommes pas trop tentés de reprendre la route… Nous faisons le bilan de nos provisions, il y a moyen de tenir jusqu’au lendemain en raclant le fond de nos sacoches, nous pouvons rester à l’abri!
Nous rattrapons notre journée perdue par une belle étape. Le Main rejoint le Rhin un peu après Francfort, nous changeons de vallée. Celle du Rhin est bien plus escarpée, et les coteaux sont couverts de vignes, c’est à la fois un spectacle de bon augure, mais aussi un peu triste parfois, les collines sont défigurées par toutes ces vignes, ici c’est vraiment de la culture intensive, chaque centimètre carré est exploité!

Nous aimons moins la vallée du Rhin, beaucoup plus touristique, même si les châteaux perchés tout en hauteur agrémentent bien le chemin. Nous passons au bas du rocher de la Lorelei, mouais, pas mal mais pas vraiment extraordinaire, d’autres coins valaient bien plus le détour, mais nous garderons ce petit secret pour nous sans le dévoiler aux troupes de touristes qui s’amassent ici!
Nous traversons une fois le Rhin avec un bac, la rive gauche est beaucoup plus praticable. Par contre, pour trouver un campement, c’est dur, ça grimpe tout de suite, et ici les pentes dépassent certainement les 20%! Mais nous passons une soirée inoubliable dans les vignes (après avoir eu l’autorisation du vigneron), en dégustant un petit vin blanc du haut d’un mirador.

Nous ne sommes plus très loin du Nürburgring, mais encore une fois la pluie nous rattrape. Avant le soir, nous remplissons nos gourdes, et je reviens victorieuse avec un jambon de sanglier fumé, hé hé! Par contre, ce n’est pas facile de trouver un campement pas trop visible, mais là-bas plus loin, un beau cerisier nous appelle. Nous sommes protégés par ses branches, et cachés par les hautes fleurs de colza du champ, nous pouvons rester ici! Krrrrrrrrrrrrrrr, en pleine nuit l’orage nous réveille, nous sommes sous le seul arbre de la plaine, bien choisi comme emplacement alors que les éclairs se succèdent! Le lendemain quand nous nous réveillons, en cherchant les bols, ce sont des dizaines de perce-oreilles qui s’échappent des sacoches, nous avons élu domicile sur leur nid, et ils adorent nos sacs, chouette! En plus, nous partagerons cette colocation deux jours, une fois de plus la pluie nous coince plus longtemps que prévu.
Ça y est, nous sommes en vue du circuit, et donc plus loin du tout de la Belgique. Nous voyons de plus en plus de plaques rouge et blanc, les panneaux qui indiquent Malmedy apparaissent… Cette fois-ci, nous y sommes!!!


