Pérou

  • Parcours:

Les points: A et C c’est Lima, B Huaraz et le trek dans la cordillère Huayhuasch, de D à L le vélo au Pérou.


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  • De Cuzco à La Paz en bicyclette…

Publié le 24 août 2010 par Claire

Bonjour vous tous! J’ai l’impression qu’on ne vous a pas donné de nos nouvelles depuis longtemps, et c’est à une tartine que vous allez avoir droit, avis aux gourmands! C’est qu’on ne change pas de pays en trois coups de cuillère à pot, nous avons dû pédaler 16 jours pour atteindre la capitale de la Bolivie, avec les détours (et oui, il y en a eu!) et les pauses…

Tout a donc commencé à Cuzco… On a voulu, selon la règle qui dirige nos guidons, éviter les grands axes et cette presque unique route qui sort de la ville vers le sud, et on a opté pour les routes secondaires. La route choisie étant en travaux, on a donc commencé avec une piste, mais bien nivelée, ce n’était pas trop difficile. Une belle montée d’une vingtaine de kilomètres, qui nous a permis de contempler la capitale Inca de haut…

Au milieu de notre ascension, un ouvrier nous arête pour nous demander de faire attention aux alentours de 14h car des explosions auront lieu pour creuser la route. Gloups, après avoir fait répéter trois fois l’information, on repart, attentif à l’heure, il nous reste 1h, et d’après l’ouvrier, nous avons largement le temps de passer le lieu dynamité… Vers 13h30, on se renseigne à un autre poste. Il paraît que c’est au kilomètre 7 qu’aura lieu l’explosion, on est au kilomètre 4, une demi-heure pour faire 3 kilomètres, c’est vrai que c’est faisable, mais surtout aucun d’eux ne veut qu’on s’arrête, tous nous poussent à continuer. Bon, on y va, on y va!!! Evidemment, on a à peine dépassé le kilomètre 7 quand l’heure arrive, sans trop savoir quoi faire, on avait juste aperçu quelques ouvriers paisibles par-ci par-là, ce qui nous a fait dire que ce n’était pas pour tout de suite. Effectivement, aucune explosion n’a lieu, et lorsqu’on demande ce qu’il en est aux ouvriers qu’on recroise enfin plus loin, ils ne semblent pas avoir entendu parler de ça… Mouais, on a tremblé pendant 3 kilomètres pour un bruit qu’on entend finalement un peu plus tard bien loin!

Et on rejoint enfin le sommet, et en même temps l’asphalte, nos coups de pédale sont plus souples, on s’engouffre sur une belle route rien que pour nous, il faut juste faire gaffe aux éboulis qui mange parfois la moitié de la voie, on comprend pourquoi cet axe est moins fréquenté! Le soir tombe vite ici, toujours à la même heure, et vers 17h il est plus que temps de rechercher un lieu pour la tente si on veut encore avoir de la lumière pour la planter. On choisit la sécurité d’un petit village, au pied de son église au milieu des maisons, et de temps en temps, un villageois étonné nous demande à travers la toile de tente ce qu’on fait ici, j’ai entendu une conversation épique entre Jean-Lou et un vieil homme qui ne parlait que Quechua, incompréhension mutuelle, mais fous rires garantis!!!

Le lendemain, ça se corse… Fini le goudron, nos routes secondaires deviennent des pistes caillouteuses et poussiéreuses, et on comprend qu’on s’est embarqués dans une belle galère! Mais il ne nous reste plus qu’à manger le morceau, il faut encore parcourir une centaine de kilomètres avant de rejoindre la route. Nos pneus n’accrochent pas et glissent sur les cailloux, ce qui rend la montée très pénible… On avance à l’allure de tortues, en jouant à “il ou elle” pour essayer de trouver le temps moins long. De temps en temps, des villageois nous offrent de la chicha pour nous encourager, dommage que l’on ne soit pas sûrs de la qualité de l’eau, on n’ose pas accepter leur offre, mais c’est une occasion de plus de tailler une petite bavette. Mais la plus grande aide vient d’une jeep qui s’arrête à notre hauteur. Ses trois passagers, l’équipe de l’ONG “Plan” de la région,  s’étonnent de notre présence ici, et quand on leur explique qu’on rejoint La Paz, le “Por aqui?” déjà entendu quelques fois revient à nouveau. Ils nous prennent en pitié et nous proposent de nous monter jusqu’en haut, on accepte avec plaisir, y en a marre de devoir appuyer deux fois plus sur nos pédales pour un seul tour de roue!

Maintenant, il n’y a plus qu’à descendre… Il n’y a plus qu’à! Facile à dire, pourquoi est-ce que je n’ai pas plus roulé dans le sable de la mer du nord quand j’étais petite!? Jean-Lou à l’aise se souvient de ses pirouettes dans les dunes pendant que je me cramponne à mes freins et essaie, toute crispée, de ne pas déraper dans les parfois 10 cm de poussière qui recouvre le chemin. Et comme ça descend, ce n’est pas évident de contrôler sa vitesse, la première chute, toute en douceur heureusement, ne se fait pas attendre! Je regrimpe sur mon vélo, les dents serrées, et on continue à descendre sur des kilomètres. Et là, bardaf, je me retrouve une nouvelle fois le nez à terre, une vraie gamelle de gamin cette fois, coude et genou écorchés, il faut que je ravale mes larmes pour continuer, ce n’est pas très drôle d’être sur une savonnette des heures durant. On arrive enfin dans la vallée après cette journée épuisante, heureusement le ciel noir et les milliards d’étoiles scintillantes nous consolent (parce que pour Jean-Lou ce n’était pas une mince affaire non plus que d’avoir toujours un oeil derrière son épaule pour veiller sur moi!)…

Troisième jour dans la caillasse, une belle montée que je préfère finalement bien plus, et une descente où je deviens philosophe et où je pousse mon vélo quand je ne me sens pas d’humeur dérapante! On arrive au bout du bout, dans le village de Colcha. Quoi, la carte est fausse!? Et oui, pourquoi Michelin ne s’est pas occupé de l’Amérique du Sud, on est en fait dans un cul-de-sac, et il faut tout remonter pour atteindre le village suivant. Pfff, quelle épopée! Cette fois, on se fait embarquer dans un camion pour tout refaire en sens inverse, et on décide après avoir poussé une fois de plus nos vélos de se faire un peu aider par les bus pour sortir de ce mauvais pas, sinon dans 10 jours on y est encore!

Une dizaine d’enfants nous tient compagnie le temps d’attendre les deux uniques bus de la journée. Quand le premier arrive, c’est la course, il faut tout embarquer en deux minutes, et alors que Jean-Lou essaie d’attacher correctement les vélos sur le toit, il est secoué par le conducteur qui donne des petits coups d’accélérateur et montre ainsi son impatience. Mais ce n’est pas le plus nerveux, et quelques minutes après avoir démarré, on entend des coups de klaxon tonitruants du second bus qui veut nous dépasser. Il n’y a pas la place sur ses routes vertigineuses, et pourtant le dépassement a finalement lieu, au millimètre près, heureusement que nous sommes du bon côté de la route ou mes battements de coeur auraient fait tomber le bus dans le ravin! Tout ça pour que ce Fangio éclate la jante de son bus et bloque tout le monde quelques kilomètres plus loin. Nous, on rigole bien, on descend nos vélos du toit, et on leur fait un grand signe de la main en rejoignant le village par des moyens plus sûrs!

On décide quand même de reprendre un bus le lendemain pour nous avancer un peu, départ annoncé, 4h du mat’. On se lève courageusement pour se retrouver sur la place un peu avant l’heure dite. C’est le calme plat, il n’y a pas un chat péruvien à la ronde. Et oui, les coups de klaxon que l’on a entendu il y a une heure avant annonçaient bien le départ du bus! Ça ne nous réconcilie pas avec les fous du volant, et c’est finalement nos fidèles montures qui nous font avancer mieux. Et puis, on passe une fois de plus par de magnifiques paysages montagneux et paisibles, on avait presque oublié de les contempler dans toutes ces péripéties.

Notre galère prend fin le quatrième jour, quand on parvient à rejoindre la route principale. Enfin… presque, ma plus belle fuite, un pschuiiiiii soudain et définitif met ma roue avant tout à plat, la cinquième, c’est une farce! Si bien qu’on en rit et qu’une fois mon mécano préféré passé par là, on repart pour avaler enfin quelques kilomètres!

L’ambiance sur la route principale n’est pas la même. Parce que si je vous ai surtout parlé des galères vélocipédiques, j’ai à peine touché un mot des grands sourires, des plaisanteries échangées, et de l’accueil des villageois peu habitués à voir passer des touristes par là, et donc plutôt contents de nous voir. Sur la grand route, ils sont plus habitués, et les ados, pas toujours plus malins ici que sous nos tropiques, sont parfois assez moqueurs, les premiers “Gringos” sarcastiques fusent, et on a droit une fois à de petits graviers lancés dans nos roues. Il n’y a pas de mal, mais moralement, c’est parfois un peu pénible. Heureusement, les vieux et les gosses sont là pour nous sourire et nous refaire voir le Pérou comme ce qu’il est, un pays accueillant et très ouvert.

On avance beaucoup plus vite, et le trafic n’est finalement pas trop dense, mis à part ces quelques chauffeurs de bus orgueilleux qui considèrent la route comme leur propriété. Petit choix multiple à l’intention des conducteurs:

Vous roulez dans une ligne droite, seul, sans autre véhicule venant en sens inverse. Un cycliste se trouve bien à droite sur la route, que faites-vous?

  1. Vous ralentissez,
  2. Vous vous déportez et le dépassez tranquillement,
  3. Vous restez coûte que coûte sur votre bande, klaxonnez très fort pour signaler votre présence, et le poussez finalement dans le mauvais bas-côté pierreux pour montrer que vous êtes le plus fort.

Jean-Lou a testé la solution 3, il n’était pas content content!

Il faut aussi faire gaffe aux chiens, qui vous frôlent parfois les mollets de près. La parade est de freiner bloc, en gardant le vélo entre eux et vous, de le regarder dans les yeux, et souvent ils s’éloignent déjà. Si ce n’est pas suffisant, vous vous penchez pour ramasser un caillou, et comme finalement ces chiens sont mieux éduqués que chez nous, le geste suffit pour qu’il s’encourent.

On a croisé d’autres cyclo-touristes, deux suisses au chouette accent, et Wim et Tom, deux belges très enthousiastes, Tom après sept mois en Amérique du Sud est toujours aussi avide de découvrir le reste. Il nous donne une carte du Chili pour plus tard, et le rendez-vous est pris autour d’un verre de bière à Bruxelles dans un an pour la lui rendre!

On finit par arriver à Juliaca, la ville la plus agitée et bordélique par laquelle on passe, au croisement de toutes les routes du sud, il y a des voitures, bus, motos-taxis partout, et on avale des kilos de kérosène en quelques instants. C’est ensuite à Puno que l’on se rend, et on s’y repose deux journées, pour y apprendre avec plaisir que notre projet initial, celui de passer par le nord du lac Titicaca, est possible alors qu’on y avait renoncé pour cause de difficultés administratives. Le fonctionnaire de l’administration nous tamponne notre cachet de sortie du Pérou pour 4 jours plus tard, et c’est tout joyeux qu’on repasse par Juliaca pour vivre la plus belle partie de notre voyage (pour les cyclistes, plus de détails dans les Infos pays du Pérou).

Le lac Titicaca! Waw! On l’avait enfin découvert, majestueux, en arrivant sur les hauteurs de Puno, et là on le longe pendant plusieurs jours… Il est magnifique, à la fois si calme quand on le voit de loin, vivant et agité de petites vaguelettes quand on approche ses rives, on en voit presque la fin quand on est au creux d’une de ses baies, il est infini quand on domine toute son étendue, et devient carrément magique quand, après s’être un peu essouflés sur ses quelques côtes abruptes, on le surplombe du haut d’une falaise…

D’ailleurs, il doit griser ses voisins, à deux reprises on débarque au milieu d’un village de joyeux fêtards. Sans rire, presque tous les villageois, à l’occasion des fêtes du 15 août, tiennent une cuite d’un mètre, à l’exception de quelques femmes plus sobres, et c’est assez surréaliste comme expérience de tomber au milieu des brumes de Conima, au Pérou, et deux jours plus tard de Puerto Acosta, en Bolivie…

On arrive à chaque fois un peu tard, le travail du coude serait rude pour les rattraper, et on s’offre plutôt de magnifiques bivouacs le long du lac. Nos derniers jours au Pérou sont inoubliables, avec une belle journée de pause avant la frontière, que l’on passe à bavarder avec les villageois, à parler de notre voyage, à les écouter parler de leur travail et de leur vie, à apprendre de nouveaux mots avec des enfants pas timides pour un sou, qui redemandent des tours de diabolo à Jean-Lou et rentrent en retard chez eux la nuit tombée, à des centaines de mètres de là à travers champs, avec juste la lune pour les éclairer, la petite de deux ans aussi débrouillarde que les autres…

On met finalement le pied en Bolivie, après un passage de frontière tranquille, il y a un douanier qui examine nos vélos, et qui va rendre visite à son collègue le policier à 10 mètres de là, on doit être les premiers clients de la journée. Tout est en règle, et on s’enfonce dans ce nouveau pays, curieux de ce qu’on va y découvrir…

Le changement n’est évidemment pas radical, et pourtant on baragouine à nouveau du mauvais espagnol avec les premiers boliviens que l’on rencontre, comme si de passer une ligne sur la carte remettaient tous nos compteurs à zéro. On se ressaisit heureusement vite, et le dialogue s’installe à nouveau, on prend d’ailleurs une leçon de politique, avec Evo Moralez comme protagoniste principal, sur fond de soleil couchant sur le lac et d’âne gourmand.

On s’éloigne malheureusement petit à petit du lac, et l’approche de la grande ville reprend le dessus, avec le trafic qui va de pair. Un dernier bivouac dans de vieilles ruines qui nous protègent du chaos de la route, avec une fois de plus des bourrasques qui rendent tout feu impossible et nous obligent à manger des biscottes à l’abri dans la tente, et nous voilà projetés dans La Paz l’estomaquante, avec une arrivée par la grande porte, par El Alto qui nous révèle d’un coup et de très haut cette fourmillière agrippée aux montagnes.

C’est Marie, une amie d’amis, qui travaille depuis bientôt un an ici, qui nous accueille dans son petit appart’ tranquille, et nous offre une bonne douche chaude, quel régal! (j’entends des mauvaises langues qui murmurent qu’il était plus que temps après une semaine… Tsss tsss, faut pas les écouter! :) ) Et voilà maintenant 5 jours que nous découvrons La Paz, avec notre hôte dans le rôle du Petit Futé, en plus de nous offrir un petit chez-nous avant de repartir, merci Marie!

Nous nous apprêtons à plonger pour quelques jours dans les fins fonds de la jungle amazonienne, avec une descente depuis l’Altiplano à travers les Yungas vers la touffeur de la selva, changements de paysage et de climat assurés! Et changement de page aussi, celle-ci appartient au Pérou, la suite se passe ailleurs…

Les mots en images:

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  • Lima, Huaraz et Cuzco…

Publié le 4 août 2010 par Claire

Les étapes de notre périple touristique au Pérou… Nous avons bien sûr commencé par Lima, le passage obligé avant de visiter le reste du Pérou. Mais avant d’y arriver, hé hé, il a fallu quitter Madrid. Ça paraît évident comme ça, mais pour les cyclistes que nous sommes, la partie a été difficile!

Je vous raconte! Notre avion était à 23h le soir du 13 juillet, nous avions donc largement le temps de rejoindre l’aéroport. Oui mais, comment? Par la route, pas possible, nos cartes ne nous indiquaient que des autoroutes, Google map aussi, on a même vu les photos satellites des panneaux “interdits aux vélos” (pour ceux qui veulent essayer, on a appris trop tard qu’il existait une Via Verde, mais mal indiquée). Bon, en métro alors, puisqu’il paraît qu’il y a un créneau horaire pour les vélos. Oui, c’est vrai, mais c’est de 10h à 12h, ils sont chiches les Madrilènes! Il reste le bus donc. Vers 18h, on quitte nos paisibles quartiers pour se plonger dans la circulation. Tiens, j’en étais où au point de vue fuites? Je passe de 3 à 4-0 à 200m de l’appart. Heureusement, elle est minime, on peut se contenter de regonfler à fond mon pneu, on n’a plus le temps de réparer. On arrive sans casse à la station, on descend plein d’entrain vers le bus pour l’aéroport… Douche froide, le conducteur ne peut pas prendre de vélos dans le bus! On le supplie, on argumente: rien à faire! On tente quand même le métro, même topo, ils se montrent tous inflexibles! Bref, après avoir perdu une heure en palabres et recherches, on a dû se résoudre à prendre deux taxis, pas très économique, mais on n’est pas encore à Lima, ce n’est pas permis de s’entasser à deux personnes, deux vélos, 2 sacs à dos et 10 sacoches dans un taxi! Arrivés à l’aéroport, il a encore fallu emballer les vélos dans de grands cartons, se faire une dernière frayeur quand l’hôtesse nous a annoncé que sans billet retour on ne pouvait pas partir, heureusement le billet déjà acheté pour la Malaisie nous a permis de ne pas rester coincés sur le sol espagnol, et enfin embarquer après avoir confié au dernier moment nos clés anglaises, qu’on avait oublié d’enregistrer, à la même hôtesse qui les a glissées dans nos bagages déjà loins pourtant… Bref, l’aventure commençait!!!

Après 20 heures de trajet et une escale à Sao Paulo, nous mettons les pieds sur le sol péruvien. Je me rappelais une grande agitation et des galères pour avoir un taxi à un prix correct, mais tout se passe bien, et on peut s’entasser cette fois-ci, et Jean-Lou découvre Lima une roue de vélo entre les dents! Nous passons deux jours paisibles dans la capitale, dans une chouette auberge un peu à l’écart du centre. Lima n’est effectivement pas la ville la plus belle à visiter, mais au fil des balades sur sa belle place et dans le quartier calme de Barranco, on lui trouve pas mal d’attraits.

On quitte quand même assez vite son air humide pour monter, dans tous les sens du terme, à Huaraz, plus au nord… Encore une ville que les guides décrient, et pourtant, même si la plupart des bâtiments ont l’air en construction et jamais vraiment finis, elle est pleine de charme cette petite ville, et très animée. On y flâne deux jours, le temps de nous acclimater à l’altitude, 3300m, et de préparer un trek de 8 jours dans la cordillère Huayhuash… Voir l’article “spécial trek” qui précède! ;)

10 jours plus tard, nous voilà de retour dans la capitale, juste le temps de réserver un bus pour Cuzco, en pleine “Fiestas Patrias”, qui commémorent l’indépendance du Pérou, et font surtout doubler tous les prix! Après une dernière nuit dans des lits confortables à soigner une mauvaise toux qui réveille nos voisins de dortoir, et une recherche vaine de cartes à une échelle correcte pour la suite de notre parcours en vélo, on repart avec ceux-ci sous le bras, et on embarque pour un trajet abrutissant de 22h, à lutter contre les tympans qui éclatent et les haut-le-coeur dans les tournants. C’est étrange, ces trajets en bus, la plus grande partie se passe la nuit, et c’est presque comme si on prenait l’avion, on ne voit rien, on ne se rend pas compte des kilomètres qu’on engloutit, on ne sent rien, et le lendemain matin, nous voilà projetés dans une nouvelle ville et une nouvelle ambiance.

Mais Cuzco est accueillante, et on passe vite quelques jours à flâner, entre ses impressionants bâtiments coloniaux… Par contre, il y a des touristes tous les mètres, c’est parfois un peu pompant, et presque vexant, le reflet dans le miroir n’est pas toujours beau à voir, on se sent appartenir à un troupeau malgré soi.

On a décidé de ne pas partir à l’assaut du Machu Picchu, c’est trop fréquenté à cette époque, et fort cher aussi. Et puis, il y a tellement de belles choses qui nous attendent, on a hâte de remonter sur nos vélos. A la place, on part pendant une journée aux alentours de la ville, au programme, les terrasses de Moray et les salines de Maras. Un guide improvisé nous explique dans le collectivo qui nous mène au premier site Inca le côté écologique et novateur de ces terrasses disposées en cercles concentriques… Quand on y arrive, une fête se prépare. Il y a au moins 300 personnes parées de vêtements incas qui se placent petit à petit tout autour des anneaux. Vraiment petit à petit, ça dure bien longtemps, et on finit par lever le camp, sous peine de ne pas voir la suite de ce qu’on a prévu. Avec cette représentation, nous n’avons pas pu descendre dans le fond, mais nous avons assisté à un bout de folklore péruvien, c’est aussi chouette.

Pour rejoindre les salines, il faut marcher une petite heure. On picnique sur le bord du chemin, en regardant trois petits gamins qui jouent à un jeu que je ne conseillerais pas à vos mômes. Il y en a deux qui s’attachent autour de la taille une ficelle qui pend jusqu’au sol, et le troisième court derrière eux en essayant de marcher sur la ficelle. Gamelles assurées, dans la caillasse en plus! Je ne sais pas si c’est pour ça ou pour l’âne échappé qu’une maman sort de derrière les buissons pour les engueuler, mais on l’a entendue crier bien fort sous son petit chapeau melon, tout le temps d’avaler nos trois sanwiches-avocat!

La découverte des salines au détour d’un arbre est impressionante. Il y a des milliers de terrasses blanches qui se superposent et s’entrecroisent sur des centaines de mètres. Elles sont encore en activité, alimentées par une source étroite d’eau salée que les travailleurs ont déviée en des tas de canaux étroits qui irriguent chaque terrasse. Une fois ces terrasses remplies d’une fine couche d’eau, ils bloquent le canal avec une pierre et laisse l’eau s’évaporer pour récolter le sel. On en voit quelques-uns travailler, ils cassent certaines couches dures et raclent le fond pour faire des petits tas par-ci par-là. Le travail de l’homme est parfois encore plus étonnant à contempler que celui de la nature…

Et là, nous sommes de nouveau à Cuzco, il nous reste quelques heures pour préparer notre retour sur les vélos, on part demain en direction du lac Titicaca… En défaisant nos sacoches il y a trois jours, je me suis rendue compte que j’avais perdu les pédales… mes pédales, sans doute sur un comptoir de l’aéroport de Madrid!

Et voici la sélection du photographe…

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  • Le trek à 5000 ou… comment perdre un poumon et des doigts de pied!

Publié le 4 août 2010 par Claire

On va vous le raconter, cet épisode épique de 8 jours… Bon, pour le poumon et les doigts de pied, on exagère un peu, c’est surtout le premier jour qu’on a cru les laisser, après, on s’est habitués! Et pour le 5000, on a en fait passé un seul col à 5000, mais bon, on a campé la plupart du temps à des hauteurs aux alentours de 4300m, pour ceux qui aiment les chiffres…

Et on a d’abord cru y laisser nos oreilles. Hé oui, on a eu la surprise de partir avec un groupe de 8 jeunes Israéliens.. et nous, ce qui ne laisse pas beaucoup de place à la diversité des langues. Les mots d’hébreu ont volé au-dessus de nous dès le démarrage du van qui nous conduisait au premier campement, on avait une tête comme un seau en y arrivant. On a eu quelques soirées un peu difficiles, mais heureusement, ils parlaient aussi tous anglais et étaient sympas, et finalement les échanges ont quand même eut lieu…

Mis à part cette petite particularité culturelle qui fait qu’on a appris à dire merci en hébreu au Pérou et à s’empiffrer de bonbons qu’ils sortaient de leur sac de Mary Poppins jusqu’au bout, le trek a été des plus variés! On a commencé par une première nuit très froide, à peine les tentes plantées, la grêle s’est mise à tomber, et une fine couche blanche a vite recouvert les environs. On s’est retournés des dizaines de fois dans nos sacs de couchage pour trouver une position correcte et combattre le froid… Le lendemain, tout était gelé, et il a fallu le déjeuner revigorant de Gisèle, notre guide, pour nous mettre sur pied.

On a directement attaqué une belle montée, sans doute un essai de sélection naturelle de notre guide, heureusement, on a tous tenu le coup! Et quelle point de vue au sommet, on oublie vite tout ce qu’on a sué pour y arriver…

Après, c’est assez difficile de décrire toute notre “promenade”, les photos le feront mieux que les mots. En vrac, nous avons sué, peiné, et encore sué… Autant dans les montées que dans les descentes, qui mettent les genoux à rude épreuve! Mais on s’est aussi émerveillé, tous les jours! On a découvert toutes sortes de curiosités naturelles, commes ces espèces de coussins durs en mousse vert pomme, des étangs de boue, des sources thermales où on a pris un bon bain régénérant, des lagons énormes, des sommets enneigés qui nous ont dominé tout le long du chemin, des glaciers agressifs… On a examiné de près des tas d’espèces de plantes et fleurs, plus rares et plus rudes en hauteurs, plus abondantes et verdoyantes dès qu’on redescendait. Des fleurs jaunes en gants de boxe, des cactus qui paraissent doux au toucher mais qui portent pourtant bien leur nom, aïe, des fleurs très ordonnées et d’autres plus brouillonnes. On a même eu le privilège de rencontrer les arbres qui vivent à la plus haute altitude du monde, les Queñoal! Et on a observé toutes sortes d’oiseaux, nombreux dans le coin, on a eu l’honneur de voir des condors, et des viscaches, un rongeur qui ressemble à un lapin avec une queue d’écureuil… On a aussi senti le cheval de près, celui-là, il n’est pas très sauvage, mais un jour où j’étais malade et que le col s’est montré plus fort que moi, j’ai pu monter sur un cheval qui m’a conduite, lentement mais sûrement, au sommet. Elles sont costaudes ces bêtes-là, et elles ont le pas sûr, même si ce n’est pas toujours évident de leur faire confiance sur un sentier étroit de gravillons qui surplombe la vallée! Jean-Lou l’a tenté aussi, et on s’est bien marrés sur nos selles! Par contre, mon pantalon a eu moins de chance, ce n’est pas donné à tout le monde de monter sur une selle andine sans dégat pour les fonds de culotte!!! On a aussi bavardé gaiement avec Alejandra, qui aidait à l’intendance, et on s’est improvisés muletiers quand Tomas, le troisième organisateur, était retenu au passage d’un contrôle “le touriste paie ou on le vole”… Oui, on a aussi trouvé que c’était une manière un peu désagréable de présenter une taxe qui aurait pu être amenée comme une aide aux villages locaux… Et on a passé des nuits dans des lieux tous plus magnifiques les uns que les autres, perdus au milieu de ces montagnes sauvages, et aussi toutes plus froides les unes que les autres, ce n’est pas malin de laisser traîner ses chaussettes mouillées une fois le soleil couché!

Bref, vous l’aurez compris, on a passé de très bons moments, qui n’auraient pas été aussi savoureux sans les petites difficultés qui vont avec! Et pour illustrer tout ça, il ne reste plus qu’à regarder les photos de Jean-Lou:

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  • Nous sommes au Pérou!

A Huaraz très exactement, et il nous reste peu de temps pour vous écrire un mot, car nous partons dans 10 minutes pour affronter la cordillère rouge, la Huayhuash, pour un trek de 8 jours par des cols à 5000m et des vues sur des sommets à 6000… Nous sommes impatients de vous donner des nouvelles, mais ce sera à notre retour, et sans doute après 20 heures de bus pour relier Lima à Cuzco, avant de reprendre nos vélos qui commencent à nous manquer…!

Hasta luego vous tous, et bonnes vacances!!!

11 réponses à Pérou

  1. Bruno dit :

    Quel endroit magnifique !!! Un de mes plus beau souvenir du Pérou, la vue sur le Huascaran et les lagunas de Llanganuco. Profitez en à fond.

    Ici il fait beau mais c’est pas le Pérou ;-)

    Bruno from Unipso

  2. David, Marie et Jules dit :

    Coucou,
    Ça a l’air superbe en tt cas… Ça donne envie… J’ai bien aimé la photos des Alpagas ds les rues… hi hi hi… C trop fort c machins-là…
    Continuez à nous faire rêver… ;-)
    Bisous à tous les 2 de nous 3…

  3. Caro dit :

    Oooh, superbes photos et superbe récit les amiches !!
    A chaque fois que je vous lis, chui d’allée, j’en ai les larmes aux yeux… trop booooo !
    Bisous et take care

  4. Régine dit :

    Salut les voyageurs,
    Vos photos sont extra ! Et les récits aussi.
    C’est passionnant de vous suivre. J’adore.
    Claire, je vois que finalement tu as un accordina !!! Comment tu trouves ?
    Tu as choisi la formule “souffler latéral”….
    Je vous embrasse fort fort tous les 2.

    • Coucou,

      Oui, j’ai trouvé un Borel d’occasion, tu sais, les premiers modèles qui ont été créés,il date des années 60. On est allés à Paris pour le chercher! Je n’ai donc pas eu le choix pour la positin du bec, mais ça me convient très bien ainsi, et il a un très chouette son! J’essaie d’en prendre bien soin, nos sacs sont mis parfois à rude épreuve sur les pistes chaoteuses, et pour l’instant il va bien! Pas facile d’en jouer tous les soirs après les journées fatigantes, mais j’y prends plaisir à chaque fois, la musique d’Olivier fait le tour du monde!
      Bises,
      Claire

      • Anonyme dit :

        Cool ! Je suis bien contente pour toi !!
        Tu pourras faire des duos accordinas avec Olivier au retour !!
        Pas de nouvelle de vous depuis longtemps il me semble ! Moi j’étais à Barcelone. J’ai un peu perdu le fil…
        Bonne continuation tous les deux.

  5. Auré dit :

    Coucou!

    Je suis toutes vos aventures. Très chouettes les photos et les récits!

    Une très grosse pensée pour vous!

    Je t’envoie un mail tout bientôt mon poulet pour te raconter un peu comment ça se passe ici (on revient du tour de Provence à vélo..) :-)

    Plein de bisous à vous deux!!!

    Take care,

    @uré

  6. Marie dit :

    J’fais m’sac et j’arrive !!!!!!
    une petite part de votre rêve sur notre écran!
    Vivement la suite !

    Bonne route !
    Un bizou sur vos ptits mollets !

  7. Agnès dit :

    Salut vous deux!
    C’est super chouette de vous suivre par procuration et photos interposées, et qu’est-ce que ça donne envie de vous rejoindre! Enfin quoique, les chaussettes glacées et les cols à (presque) 5000, euh…
    J’espère que tout va bien pour vous.
    Pas trop froid? ça pédale sec? Dragon et Dukass vont bien?
    Des tonnes de bisous à vous (légers les bisous, pour ne pas que ça pèse trop dans les montées… lol)

  8. Léna dit :

    Coucou Parrain et Claire,

    J’ai vu les belles photos, je trouve celles avec les animaux très mignonnes. Tu sais Parrain, tu me manques. Je vous envoie pleins de bisous.

  9. swa dit :

    Hello les vélocipèdes !

    Eh bien, c’est tjs aussi super de lire vos aventures… je pense des fois à vous sur mon petit brompton en rentrant à la maison, mais la comparaison s’arrête bien là. Bruxelles n’est pas le Pérou, même si nous avons failli déménager vers Lima voici qqs jours. Finalement le boulot n’a pas réussi à avoir le projet (ns terminons seconds) et donc va falloir ranger nos valises pour plus tard. Ca donne le temps à Oscar de faire ses premiers pas autour de la place Flagey au lieu de gambader autour du la Titicaca !

    Continuez à avaler les km sur vos petits vélos bien fidèles (on vous lit d’ailleurs avec GRAND plaisir) et @+ ! Je crois qu’antoinette vs prépare un ptit compte-rendu de notre vie pépère…

    swa

    PS et bravo pr les belles photos… certaines sortent tt droit du National Geographic !

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