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La Malaisie en vélo, de Ipoh à la frontière…
Publié le 04 février 2011 par Claire, photos de Jean-Louis
Nous nous sommes donc rendus à Ipoh en train. Ca été un peu folklorique pour savoir si on pouvait embarquer nos vélos avec nous, il a fallu courir d’un bout à l’autre de la gare pour trouver la bonne information. En pratique, ça s’est révelé bien plus simple, et on est arrivés dans la petite ville après un voyage agréable.
Par contre, comme nous n’avions pas prévu initialement de passer par la Malaisie, nous n’avions pas de guide avec nous, et il faut avouer que c’est pourtant parfois bien utile! D’autant plus que c’était nos premiers “pas” sur la bande de gauche en vélo, et ce n’était pas évident de chercher un hôtel tout en gardant un oeil attentif sur la circulation. Heureusement, alors que nous tournions autour de l’office du tourisme fermé, nous sommes tombés sur deux gars très sympas qui nous ont guidé avec leur voiture jusqu’à l’auberge de jeunesse de la ville; Stephen nous a même obtenu une réduction pour occuper seuls un dortoir d’une vingtaine de lits, il faut dire que les touristes ne courent pas les rues ici!
Nous avons profité de notre première journée pour reprendre le contrôle de nos montures, et visiter des temples boudhistes creusés dans la roche aux alentours de la ville. Chouette excursion, mais on commence à se rendre compte que nous sommes bien loin des routes paisibles d’Amérique du sud, quel traffic! Nous faisons aussi connaissance avec nos premiers macaques, ils n’ont pas toujours l’air très engageants, celui qui me montre les dents alors que je le photographie ne m’inspire pas confiance.


Le lendemain, c’est le grand départ, youh ouh, nous revoilà libres sur les routes. Nous nous dirigeons vers le nord, il faut qu’on s’habitue à rouler dans une chaleur lourde. Le traffic est toujours aussi dense, ce n’est pas très agréable, mais par contre les conducteurs sont très respectueux et nous doublent en s’écartant largement. Après une bonne cinquantaine de kilomètres, on s’arrête, on ne va pas commencer trop fort! On arrive ainsi à Kuala Kangsar, où la visite d’une magnifique mosquée aux grands dômes dorés, dignes du palais d’Aladin, nous éblouit.
Avant de repartir le jour suivant, nous nous offrons un bon petit déjeuner, au menu crêpes et sauce salée, accompagnées d’un thé sucré. Il faut bien préciser “sans lait”, sinon nous avons droit à un mélange d’une couleur orange douteuse, composé de thé et de lait concentré en dose massive, un peu écoeurant! Nous discutons un peu avec notre voisin avant qu’il ne s’en aille. Quand c’est à notre tour de partir et que nous nous apprêtons à payer, nous apprenons que tout a été offert par notre compagnon, et nous ne pouvons même pas le remercier! Décidément, les malaisiens nous paraissent être un peuple très généreux!
Le soleil tape toujours aussi fort, et je dois partir en mission un dimanche pour trouver un t-shirt à manches longues, sous peine de brûlures… C’est le comble, devoir se couvrir alors qu’il fait si chaud! Cela dit, en pays musulman, c’est toujours plus respectueux… Et puis, on a de la chance de passer entre les gouttes, des cyclistes que nous croisons nous disent qu’ils ont eu de la pluie pratiquement tous les jours. Après les trombes d’eau que nous avions vues s’abattre sur Kuala Lumpur, on préfère éviter!
On essaie de trouver des routes moins fréquentées, la Malaisie étant fort dense, ce n’est jamais tout à fait tranquille, mais on arrive quand même à profiter de quelques minutes par-ci par-là sans le bruit assourdissant des voitures. On traverse des kilomètres carrés de plantations de palmiers, cultivés pour leur huile, et qui remplacent la belle forêt primaire. Des singes traversent souvent la route, on a l’occasion de les observer, chouettes mimiques, mais ils n’ont toujours pas l’air plus sympas!
Deux jours plus tard, nous arrivons à Georges Town, la ville principale de l’île de Penang. C’est une drôle d’expérience d’embarquer dans le ferry au milieu des scooters vrombissants, mais on trouve notre place. Nous restons dans l’île deux jours, le temps d’obtenir le visa thaïlandais, et de faire connaissance avec Rik et Paula, deux australiens bientôt partis eux aussi pour un tour en vélo, en Europe, ils sont contents de pouvoir nous questionner, on est contents de se poser et de boire un petit verre, et nous passons vraiment une belle soirée avec eux et Yanis, un français. Nous pensons bien d’ailleurs les recroiser plus haut, sur une autre île moins touristique. Nous assistons aussi à notre premier accident de deux-roues, il faut dire que les scooters et autres mobylettes se faufilent de manière souvent téméraire entre les voitures! Heureusement, il n’y a rien de grave, mais la petite dame qui a culbuté le motocycliste ne sort même pas de sa voiture, on va mettre ça sur le compte du choc…
Il ne nous reste plus tellement à parcourir en Malaisie. Nous avons souvent droit à des encouragements et des “hellos” dynamiques. Je serai la seule à déplorer quelques gestes parfois obcènes, toujours faits dans le dos de Jean-Lou quand il ne peut plus voir le petit rigolo bien lâche, ça me met toujours en rogne, mais il ne s’agit que de deux ou trois petits cons, le reste des personnes rencontrées sont vraiment accueillantes.
On est toujours en quête des petits chemins, résultat, on fait plus de 40 kilomètres de détour à la recherche de la tranquillité, ce n’est pas bon pour le moral, mais ça permet des rencontres inattendues, comme ces varans énormes, ou les poissons marcheurs, ou encore cette grande mante religieuse agressive qui essaie d’attaquer Jean-Lou, son instinct meurtrier lui dicte sans doute sa conduite! Mais pas de bateau, pas de bateau, alors que notre objectif est juste là de l’autre côté du bras de mer, on doit faire demi-tour, grrr! Jean-Lou profite de cette grosse journée pour nous accomplir sa première gamelle. Distrait, il frôle ma roue et se retrouve le nez par terre. Il n’a rien à part deux ou trois égratignures, c’est plutôt l’amour-propre qui est touché!
Dernier jour en Malaisie, tout se passe plus vite que prévu. Nous atteignons un port d’où on nous confirme que l’on peut embarquer pour Langkawi, une île malaisienne, et de là filer vers Satun, en Thaïlande. Ca nous semble la solution la plus simple pour passer la frontière, la route promettant traffic et détours… A Langkawi, après une heure de traversée, on a à peine le temps de se renseigner que l’on doit courir pour prendre le bateau, passer en vitesse la douane, et faire attendre tout le monde en embarquant les vélos sur le pont, en route pour la Thaïlande!

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On change de continent, bienvenue à Kuala Lumpur!
Publié le 01 février 2011 par Claire, photos de Jean-Louis
Avec un jour de voyage en avion, presque deux avec le décalage… La capitale malaisienne nous accueille le 31 décembre dans une chaleur humide, il fait encore un peu plus chaud qu’à Buenos Aires… Je m’engouffre dans le taxi climatisé. Mademoiselle, vous comptez conduire? Zut, on roule à gauche ici, eh bien, ça va être simple en vélo!
On aperçoit les hauts sommets de Kuala Lumpur en s’approchant de la ville, non plus enneigés cette fois, mais protégés pas des paratonnerres, nous voici dans une fameuse métropole! Mais les grandes avenues encombrées et les batiments hétéroclites ne rendent pas cette ville très humaine. Si Kuala Lumpur ne nous déplaît pas comme premier contact sur le sol asiatique, nous ne sommes pas séduits non plus.
Nous visitons quand même ses twin towers impressionnantes, les plus hautes du monde jusqu’en 2004, toujours premières en tant que tours jumelles, et maintenant 5è dans le classement des tours, c’est encore de “belles bêtes”! La ville devient maquette d’aussi haut. On se relaxe aussi dans le jardin des orchidées, et on s’exclame devant les drôles d’animaux qui nous attendent, que l’on contemple dans leurs tristes boîtes de verre à la boutique du parc des papillons, impatients de les voir “pour de vrai”.
Et surtout, on essaie de se remettre d’un fameux décalage, 11 heures dans les dents, dur dur! Ca nous arrange à l’arrivée, après avoir dormi toute la journée, on se réveille à temps pour fêter le nouvel an jusque 7 heures du matin, ouf, nous n’avons pas perdu le rythme! Par contre, trois jours plus tard, fiers d’avoir réussi enfin à surmonter le jetlag, je m’accorde une petite sieste. Jean-Lou essaie de me réveiller une heure plus tard, et devant son manque de succès, s’endort par solidarité. Résultat, on s’éveille à 2 heures du matin, dans le noir, complètement déboussolés, en se demandant ce qui a bien pu nous arriver. Il nous a fallu 5 minutes pour reconstituer à deux cette soirée qui n’avait en fait pas eu lieu.
Mais après une semaine, on est en forme, prêts à remonter sur nos vélos, il est plus que temps après plus d’un mois sans sport! On quitte Kuala Lumpur pour Ipoh, c’est de cette ville aux dimensions plus humbles que l’on repartira, Dragon et Dukass trépignent!!!
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Parcours réalisé en vélo:
De Ipoh a Kuala Kedah –> 434 km (Janvier)


